Archive for the 'La résidence' Category

ESCAPE[s] in/from China #3 Beijing-Shanghai-Lille 2012/2013

Programme d’échanges artistiques entre la France et la Chine

Ce projet s’inscrit dans la continuité des premiers échanges croisés d’artistes entre la Région Nord-Pas-de-Calais et la Chine commencés en 2004, dans le cadre de l’Année de la Chine en France avec la résidence de Ma Han, Ling Fei et Yi Ling au Centre d’Arts de Lille.

Les artistes en résidence à Lille du 9 novembre au 15 décembre 2012

Benoit+Bo, Lu Yang et Li Wei exposent au Centre d’Arts plastiques et visuels de Lille du 18 novembre au 21 décembre 2012

Shanghai : Benoît+Bo

East meet West Ce duo d’artistes franco-chinois est né en 2002 à Tianjin de la rencontre d’un artiste chinois et d’un artiste français qui vivent et travaillent aujourd’hui à Shanghai et sont connus en Chine sous le nom de Dong Bo Xi Bo. Jetant un regard mi-amer mi- amusé sur la Chine d’aujourd’hui tout en gardant un œil sur la Corée, Hong Kong, l’Europe ou le Canada, Benoit+Bo proposent un travail sur différents médiums (photographie, vidéo, installation…) nourri de magie ludique et imaginative puisant tout autant aux sources de la mythologie et du théâtre chinois que dans la modernité la plus extrême pour nous faire rêver à un monde meilleur et métissé. Expositions récentes à Séoul, Shanghai, Bruxelles, Alessandria (Italie) et Hong Kong. En résidence du 9 novembre au 20 décembre 2012 au Centre d’Arts plastiques et Visuels de Lille, Benoit+Bo exploreront notre territoire urbain et initieront un travail personnel en lien avec la Chine et la Région Nord – Pas-de-Calais qui devrait se poursuivre les prochaines années avec de nouveaux partenaires.

Exposition au Centre d’Arts avec Lu Yang et Li Wei du 25 novembre au 21 décembre 2012

L’Université de Lille 3 les accueille du 19 au 23 novembre pour un atelier de pratique artistique et du 19 novembre au 15 décembre 2012 pour une exposition à la Galerie des 3 Lacs (vernissage le 29 novembre à 18h30).

28 Novembre 2012 à 14h30 – Université Lille 3 – Théâtre des Passerelles (Bâtiment extension) : Rencontre avec les étudiants en arts plastiques animée par Françoise Objois : Chine-Afrique, les artistes et l’art contemporain avec Benoît+Bo, N’Krumah Lawson Daku et Eric Dohoun (Matières Sensibles).

13 décembre 2012 à 18h30 - Rencontre publique avec Benoit+Bo et Lu Yang au CAPV (Centre d’Arts Plastiques et Visuels de Lille). Traduction : Florence Hu.

4 rue des Sarrazins, Lille. 00 33 (0)3 20 54 71 84

Pékin : Li Wei

Allégories chinoises La jeune artiste Li Wei est invitée en résidence à Lille dans la continuité d’un partenariat établi en 2008 entre le Centre d’Arts plastiques et visuels de Lille et le Today Art Museum de Pékin où ont exposé Bertrand Gadenne, Elsa Gaudefroy et Manuel Ruiz-Vida. Li Wei est lauréate 2012 du Focus on Talents Project piloté par le Today Art Museum et le Martell Art Fund incluant un programme d’échange d’artistes chinois auquel le Centre d’Arts de Lille s’associe en invitant Li Wei. Observant avec réalisme les bouleversements de la société chinoise, Li Wei s’attache à montrer son attachement au peuple chinois à travers des vidéos et des installations comme Hero-Chorus. Expositions récentes à Pékin, Beyrouth, Londres.

Elle présente à Lille “A Block of Cake”

8 décembre 2012 à 17h - Rencontre publique avec Li Wei au CAPV (Centre d’Arts Plastiques et Visuels de Lille). Traduction : Florence Hu.

Shanghai-Hangzhou : Lu Yang

Quant l’art rencontre la science Jeune artiste vidéaste diplômée de l’Ecole des Beaux-Arts de Hangzhou – une des meilleures de Chine – dans la catégorie Nouveaux médias, Lu Yang, passée maître dans la pratique du “ Bioart ” questionne à travers ses expériences artistiques entre réalité et fiction les développements futurs de l’imagination collective. Ses installations requièrent la collaboration de scientifiques et la pratique en laboratoires. L’orientation de son travail trouve son origine dans les recherches psychologiques et neurologiques. A l’occasion de sa résidence à Lille, Lu Yang collaborera avec l’agence V-Cult (Euratechnologies) et l’Institut Pasteur de Lille. Expositions récentes à Vancouver, Chicago, Hong Kong, Taipei et Londres.

Elle présente à Lille  Wrathfull King Core

13 décembre 2012 à 18h30 - Rencontre publique avec Lu Yang et Benoit+Bo au CAPV (Centre d’Arts Plastiques et Visuels de Lille). Traduction : Florence Hu.

Escape[s] in Shanghai 2010 – Pavillon Lille-Europe

Dans le cadre de l’exposition universelle - Samedi 26 et dimanche 27 juin 2010

Escape[s] programme d’échanges artistiques entre la France et la Chine mené par le Centre d’Arts plastiques et visuel (Ville de Lille), soutenu par CulturesFrance, Lille Métropole Communauté Urbaine et le Conseil Régional Nord - Pas-de-Calais.

Deux jours pour présenter et valoriser les résidences croisées menées depuis 2004 entre la Chine et la Ville de Lille par le Centre d’Arts plastiques et visuelsà l’occasion de la présence de Lille3000 à Shanghai.

Escape[s] in Shanghai 2010 vous propose de découvrir

- le travail de Bertrand Gadenne, Elsa Gaudefroy-Demombynes, Gong Lin, Manuel Ruiz Vida et Zhu Ziong qui ont participé à une résidence de création à Pékin en 2008

- le concept général de ces échanges artistiques franco-chinois

- les futurs projets de résidences croisées entre Lille, Pékin et Shanghai.

26 et 27 juin – Pavillon Lille-Europe – Espace Lounge

12h à 22h : Diffusion vidéo en continu des œuvres ainsi que des documents relatifs aux résidences précédentes.

17h : Rencontre avec Françoise Objois, chargée de mission pour les échanges Lille-Chine avec le Centre d’Arts Plastiques et Visuels qui accueillera à Lille en 2011 deux artistes Shanghaiens.

Le Centre d’Arts de Lille

lieu de diffusion artistique et d’enseignement a entamé en 2004, dans le cadre des années croisées France-Chine des échanges entre Lille et Pékin.

Des résidences à Lille en 2004 puis à Pékin en 2005 ont permis à des artistes chinois de découvrir l’environnement de la création contemporaine française et à des artistes français de découvrir le contexte artistique chinois et de développer un projet de création personnel. Bertrand Gadenne, Elsa Gaudefroy-Demombynes et Manuel Ruiz Vida ont lors de leur résidence en Chine en 2008 exposé au Beijing Today Art Museum, lieu prestigieux dédié à l’art contemporain à Pékin et en 2009 à Lille (Centre d’Arts plastiques et visuels), Lomme (Maison Folie Beaulieu) et Villeneuve d’Ascq (Galerie des 3 Lacs – Lille 3).

Les artistes chinois qui ont participé à des résidences d’artistes à Lille ont exposé avec les artistes lillois aussi bien à Pékin qu’en région, c’est le cas de Ma Han, Gong Lin et Zhu Jiong.

Exposition

Bertrand Gadenne, artiste invité de Escape[s] in Beijing en 2008 participe au module itinérant de Futurotextiles au Pavillon Lille-Europe avec des œuvres de Daniel Buren, Pierre Cardin et Devorah Sperber.

Il présente Le Poisson, les architectures à images, commande de Futurotextiles 2008.

Contact

francoise.objois@free.fr

Lille3000 à Shanghai

Du 1er mai au 15 juillet 2010

Hong Miao – Le Temple Rouge

496 Nanjing Road

http://lille3000.eu/pavillon-lille-europe-shanghai2010/fr/

Le Pavillon Lille-Europe est soutenu par Lille Métropole Communauté Urbaine et la Région Nord – Pas-de-Calais.

Gong Lin, vidéaste et Zhu Jiong, photographe, exposent à Lille et à Lomme

Dans le cadre de l’exposition Escape[s] in/from Beijing et de Au Pays du Lotus Bleu – Regards sur la Chine.

Du 12 novembre au 18 décembre 2009 au Centre d’Arts Plastiques et Visuels de Lille et à la maison Folie Beaulieu de Lomme.

Gong Lin, vidéaste, réalisateur

Vidéo Marées

blog.artintern.net/blogs/folderinfo/gonglin/12529

J’ai le souvenir que, quand j’ai été étudiant à l’université, mon professeur de philosophie a commencé un jour son cours avec la phrase suivante : “Qu’est-ce qu’est la philosophie ? Je vous pose cette question : est-ce que vous êtes des êtres humains ? Vous pensez l’être aujourd’hui, mais demain vous ne serez plus qu’un tas de sable. Voilà donc ce qu’est la philosophie.” En fait, il a emprunté un dicton chinois traditionnel, et ceci est devenu la base de ma conception du temps et de l’espace dans mes œuvres vidéos récentes. Cette phrase a stimulé mes pensées sur la vie, et ma perception du “temps” et de “l’espace”, prenant parfois une forme métaphysique. Ces pensées constituent et représentent mes réflexions sur la signification du corps humain et de la vie. Mes œuvres vidéos cherchent à témoigner de la condition de l’être humain à travers des images. Je cherche ainsi à découvrir la relation entre le moment et l’éternel, dans le contexte de la vie humaine dans les conditions d’une société matérielle ainsi que dans la nature. Je déploie tout mon effort dans le but de provoquer une réflexion de la part des spectateurs et de stimuler leur imagination à propos de la relation entre l’image et le style de vie des êtres humains, entre la vie individuelle et la conscience vivante collective. L’extension et la condensation de l’espace et du temps par les images sont des métaphores qui soulèvent une discussion sur le corps et son environnement, ainsi que sur la vie et la réalité.

La signification de mes œuvres peut être comprise au niveaux suivants :

1. Dans la mythologie traditionnelle chinoise, Nu Wa créait les êtres humains à partir du sable, et les êtres humains finissent par retourner au sable et à la nature. Ainsi, même si de la perspective de l’espace, l’être humain meurt, nous croyons que la vie continue éternellement dans la perspective temporelle. Dans ma vidéo, j’essaie de représenter ce cycle “Sable – Etres humains – Sable”.

2. L’image de l’Homme-sable se fondant petit à petit dans du sable naturel montre, d’un côté, la fusion du moi-même, des êtres humains et de la nature ; de l’autre côté, la fusion de l’image du sable imaginaire et la réalité du sable physique indique la relation entre “l’existence et le néant”, “réel et fabuleux ”, “image et être”…

3. La fonte représente également la conscience du cycle infini de la vie ; les êtres humains se fondant dans le sable symbolisent le moment de la renaissance.

Vidéo La Terre

Si notre vision du monde est engourdie, nous ne réfléchissons pas sur le phénomène de l’existence et nous ne prenons pas conscience du grandeur et de la rareté de la vie. Aujourd’hui les gens sont plus concernés par l’état de leur santé et la qualité de leurs espaces d’habitation plutôt que par une réflexion profonde sur ce qu’est la vie. Je me souviens encore d’un cours de philosophie en deuxième année d’université quand le professeur nous a adressé avec une voix retentissante : “Qu’est-ce qu’est la philosophie ? Je vous pose cette question : est-ce que vous êtes des êtres humains ? Vous pensez l’être aujourd’hui, mais demain vous ne serez plus qu’un tas de poussière. Voilà donc ce qu’est la philosophie.” A partir de ce moment, j’ai commencé à considérer la vie autant au niveau philosophique que spirituel. Beaucoup d’années ont passées, et j’essaie toujours d’exprimer mes pensées concernant le corps humain et le sens de la vie à travers cette vision. Mon processus de réflexion m’a amené a considérer la vie comme étant hors du temps. Dans la mythologie chinoise, le démiurge crée les humains à partir de la poussière, et les humains redeviennent poussière à la fin de leur vie. La mort est la finalité de l’existence dans la dimension temporelle, mais la vie dans la nature est un cycle infini, et la diversité du phénomène de la vie nous inspire l’idée du cycle sans fin de la métempsychose.

Dans cette vidéo, j’essaie d’illustrer la relation entre le sens de l’existence au niveau matériel et la condition naturelle à travers un documentaire sur le processus de la vie et sur la condition vivante du monde matériel. Par ce moyen, mon intention est d’illuminer notre façon de concevoir la relation entre les vies personnelles et la “Vie” dans son intégralité, ainsi que la relation entre l’image mouvante et le processus de la vie. L’idée de cette œuvre en vidéo vient du fait que l’image mouvante rend possible l’enregistrement du temps changeant dans l’espace. Je tente une discussion sur le sens de la vie au présent par le moyen de l’image expérimentale. “Terre” est aussi une réflexion sur le corps humain et son environnement, sur la vie et la réalité physique. Cette œuvre vidéo divise l’espace de présentation sur trois écrans ; je veux que l’usage de plusieurs écrans crée un impact profond sur notre vision engourdie et évoquer le respect de la vie.

Ceci n’est pas une simple image de forme humaine mais une installation vidéo symbolisée. C’est un documentaire au sujet de “moi” et du phénomène de la vie et de l’existence dans le monde matériel. C’est une installation visualisée, une simulation de “moi”. Afin d’appréhender l’apparence dans cette forme vidéo de ce “moi”, tous les phénomènes de vie qui m’entourent sont transformés pour se contenir dans cette seule installation. Les matières principales que j’ai choisi sont les aliments et les végétaux ; en les congelant, j’essaie de créer un effet visuel simple qui symbolise la vie, ainsi que la relation entre les insectes dans la nature et la fonte des aliments et végétaux gelés. La dernière touche que n’ai pas anticipée a été que la prairie où je filmais se trouvait transformée en site de construction.

Il y a beaucoup de quartiers nouvellement construits à Beijing, Wangjing étant une des plus célèbres. Un jour en mars 2004, j’ai transporté l’homme de glace jusqu’à une prairie dans l’est de Wangjing. Il y avait beaucoup de bâtiments neufs et quelques bâtiments en construction.

J’ai utilisé trois caméras DVD pour enregistrer la fonte de cet homme de glace avec tous ce qui l’entourait, surtout les réactions de ceux qui regardait l’installation. Même après la fonte totale de l’homme de glace, je revenait sur le site tous les trois à cinq jours pour filmer l’herbe et les bâtiments qui poussaient ainsi que l’activité des gens du coin. En totale, le tournage a duré deux mois. Un matin après le 1er mai, quand je suis allé comme d’habitude sur le site du tournage, j’ai eu un choc car la prairie avait disparu, sans doute à cause d’un spéculateur immobilier et de la construction d’un nouveau quartier. Mais enfin, comme disait mon professeur de philosophie : “Aujourd’hui il se peut que vous soyez un être humain, mais demain vous ne serez qu’un tas de poussière.”

Gong Lin

Traduction : Paul Mayes

Zhu Jiong, photographe

China City, mutations, transmutations

La ville moderne

La ville est le résultat du besoin humain de commerce et de communication. Dans le passé, les gens rendaient fréquemment visite à leurs voisins, les rapports entre les gens étaient vivants et la société en général, était une grande famille chaleureuse. Le mot archaïque “voisin” est riche en connotations culturelles, et c’est un mot relationnel significatif qui reflète le mode de vie chinoise au quotidien. Mais aujourd’hui, la signification de “voisin” se perd petit à petit dans les villes, qui se tournent de plus en plus vers l’architecture avec beaucoup de gratte-ciels et des rues commerçantes à perte de vue. Dans ce processus de transformation, la ségrégation devient une caractéristique des villes et les citoyens sont de plus en plus indifférents les uns aux autres. En parallèle avec le développement de la société et la globalisation, les rues en béton froid pleines de monde nous séparent les uns des autres. La ville est d’ailleurs, le symbole d’un pays fort, qui fait honneur à son peuple mais qui abandonne la chaleur humaine.

A travers ses photographies, ZHU Jiong mets l’accent sur les sentiments exprimés ci-dessus à travers le point de vue d’un passant.

BAO Kun

Traduction Paul Mayes

Exposition Escape[s] in/from Beijing du 8 novembre au 20 décembre 2009

Cette exposition présente le bilan de six semaines de résidence à Pékin de Bertrand Gadenne, Elsa Gaudefroy-Demombynes et Manuel Ruiz-Vida. Gong Lin et Zhu Jiong, artistes pékinois, participent aussi à cette exposition franco-chinoise qui se déroule dans 3 lieux :

Centre d’Arts Plastiques et Visuels de Lille : 03 20 53 71 84

Maison Folie Beaulieu de Lomme : 03 20 22 93 66

Galerie des 3 Lacs/Université de Lille 3 : 03 20 41 60 25

En contrepoint, la Maison Folie Beaulieu de Lomme programme un temps fort culturel “Au Pays du Lotus Bleu, Regards sur la Chine” du 12 au 22 novembre 2009.

En savoir plus :

www.ville-lomme.fr/tiny/Lomme.php?rub=188&art=2923

www.mairie-lille.fr/fr/Culture/Enseignement_culturel/centre-d-arts-plastiques/exposition-escape-s-in

Bertrand Gadenne, 6 mois après, l’étonnement est intact !

De retour en France depuis 6 mois, je rêve encore de l’énergique pouvoir de la scène artistique que l’on découvre à Beijing.

Ce qui est étonnant c’est l’impression du dynamisme artistique chinois qui apparaît comme une véritable machine de guerre institutionnelle structurée et planifiée. Les artistes semblent avoir une solide formation basique à travers le réseau des académies d’art. Autour de Beijing, « les villages d’artistes » comme Song Zhuang, qui rassemblent plusieurs milliers de résidents sont de véritables petites villes modernes axées sur la création et sur la présentation artistique dans toute sa diversité pluridisciplinaire : peinture, sculpture, dessin, installation, performance, vidéo, musique, édition… Les ateliers des artistes ont une superficie de 50 m2 à 300 m2, voir plus. Pour certains artistes, l’atelier est gigantesque. Dans l’ensemble ces ateliers sont récents et confortables.

 

 

 

 

 

 

Nous sommes loin des misérables, précaires et minuscules espaces de travail des artistes nordistes. Je ne connais pas à Lille et sa métropole des ateliers d’artistes de ce type. Ces «villages d’artistes » s’étendent sur plusieurs hectares et se composent de restaurants, d’entreprises qui réalisent les œuvres souvent monumentales ou qui vendent les fournitures nécessaires aux artistes, de magasins pour acheter de la nourriture, des vêtements, mais surtout des espaces d’expositions immenses. Ces lieux gigantesques sont souvent des galeries privées (centre d’art UCCA au 798, LDX contemporary art center et Sunshine international museum à SongZhuang) qui offrent une succession de très grandes salles de 8 à 10 mètres de haut.


Nous sommes dans la démesure et les œuvres présentées sont de très grandes dimensions. Nos musées et nos lieux d’exposition de notre région paraissent minuscules à côté de ces espaces. Il n’y a pas de comparaison à faire avec les galeries privées de nos villes du Nord. À Beijing, c’est vraiment un autre monde.

Bertrand Gadenne

Retour de Chine, suite des réflexions d’Elsa

Qu’en est-il réellement de ce retour, comment élaborer la distance, comment se prémunir contre elle ? Quelques mois en France suffisent à endosser sa pénible carcasse d’occidental rompue aux tâches citoyennes, criant haro sur le baudet de notre actuelle politique mais pourtant Pékin est toujours là, si présente, si influente. Il y a une sorte de va-et-vient flou entre ce que j’ai laissé là-bas de résistances et celles que je porte ici, en France. Je cherche à mettre en forme un chaînon de réflexes qui consiste à garer des images dans le parking du sensible tout en gardant la caution.

À partir de lectures, je cherche à comprendre le mécanisme des relations qui se sont tissées depuis le 17ème siècle,  au moment où les premiers missionnaires jésuites sont envoyés par Louis XIV et arrivent à la cour de l’empereur Kangxi à Pékin. Les chinois ignorent tout de la France et les français ont une image idéalisée de la Chine, grâce à Marco Polo. Et pourtant, les deux royaumes se jaugent, s’apprennent et comparent leurs richesses, leurs savoirs. “Il peut sembler ridicule d’évoquer le pouvoir dans la Chine d’aujourd’hui en se référant à la vie dans la Cité interdite. Que ne dirait-on si un journaliste étranger venait raconter la France de 2008 en la décrivant à travers une promenade au château de Versailles ? Mais comme la galerie des Glaces reflète une vanité et un goût de l’éclat bien français, la Cité interdite parle encore des chinois »… « Aucun palais au monde n’est aussi oppressant, emprisonnant, que celui-là. Le trône, comme l’écrivait Pierre Loti « était le centre de tout » ; il symbolise l’extrême solitude, l’abstraction de la séquestration dans son expression la plus sinistre. Il raconte également, avec ses milliers de toits abritant des dizaines de milliers de paravents, de cloisons, de claustras, d’écrans, de labyrinthes, de corridors, la paranoïa d’isolement, d’enfermement, de protection de ce peuple, son goût du secret, qui va jusqu’à barricader le pays entier derrière des remparts. » « La Chine aime marquer son territoire jusqu’à l’absurde. La question reste centrale : Comment ce pays-continent peut-il durablement s’ouvrir au monde en conservant cette attitude mentale ? »* Ces deux mondes qui se sont rencontrés, sont toujours l’un par l’autre liés et font appel à une sorte d’immunité culturelle, où chaque pays me semble t-il, au fil des siècles, se charge de leurs propres adversités.

Lors de cette résidence, nous sommes arrivés après les Jo, après cette période d’inimitié provoqué par la confusion diplomatique de notre chef d’État, mais la vague est passée ; cette longue histoire d’échanges, de savoirs et de cultures reste intègre. Pourtant, le mystère persiste et s’infiltre de plus en plus dans le rapport que j’entretiens, tendu et décalé, avec avec la Chine, par-delà Pékin. Il y a quelques jours, je rencontrai Yinghui TU, artiste chinoise habitant en France depuis 5 ans, spécialiste des papiers découpés. Quelle merveille de pouvoir s’exprimer en français avec elle ! Enthousiaste à l’idée de poursuivre mon projet d’origine (collaborer, à Pékin, avec une artiste chinoise réalisant des papiers découpés), ma quête graphique autour de l’inspiration asiatique peut s’enrichir et le lien n’est donc pas altéré. À partir de mes images photographiques prises sur le vif à Pékin, je vais les traduire en dessins, puis ces dessins seront retranscris en dessins par Yinghui TU, qui en fera au final des papiers découpés d’une grande virtuosité. Cet échange de propositions va induire un sens au reste de mon travail. À partir de notes prises sur le vif, j’imagine et souhaite que cette artiste chinoise revisite le regard qu’elle porte sur cette ville qu’elle connaît, sur les gens qui l’habitent, travaillant alors sur une tonalité chinoise traditionnelle, que sont les papiers découpés, qui, me disait-elle, sont entrain de disparaître en Chine.

Enfin, ce mystère chinois qui s’est concrétisé par la difficulté que je rencontrai dans la relation à l’autre, notamment par la communication verbale (ne comprenant ni ne parlant le chinois) se trouve être la clé de ma recherche. Pour tenter de trouver un fil conducteur à ce questionnement, j’ai trouvé cette citation extraite du livre La planète chinoise : « Les chinois, au nom du pragmatisme, ne s’encombrent d’aucune considération morale. Leurs dieux sont des dragons, des forces terribles qui peuvent aussi bien amener, en une fraction de seconde, le mal que le bien, aussi bien la félicité que la souffrance, la ruine que l’abondance ; il s’agit donc de s’adapter en un clin d’œil à toutes les situations, les bonnes ou les mauvaises, sans états d’âme ; Ce pragmatisme absolu, ils l’appliquent aussi bien dans la sphère privée que dans les affaires publiques. »*

*Citation extraite du livre de François Hauter, La planète chinoise aux éditions Carnetsnord

Les photographies sont extraites d’une performance réalisée à Tianmo, dans un désert improbable à 80 km de Pékin. Une performance qui s’inscrivait dans un champ d’investigation autour du corps dans le paysage, et qui devrait faire partie d’une installation, au retour de Chine. Les photographies ont été prises par Guislaine Yang.

Manuel Ruiz-Vida en résidence à Pékin

Manuel Ruiz-Vida est peintre mais c’est avec un appareil photo qu’il fixe les images qui lui font signe et qui donneront peut-être un jour naissance à une toile.

Lors de mes déplacements, je prends beaucoup de photos de Pékin; j’observe la surface des murs où se reflètent des ombres, des intérieurs de restaurant la nuit, l’architecture ultra moderne du métro, le déplacement des chinois sur les passerelles,  à travers des constructions graphiques, des images reflétées sur le sol, des transparences,  etc …

 

Il m’est difficile de pouvoir photographier des usines. Je me suis rendu il y a quelques jours à Xiditou, appelé “village du cancer”. Il y a un nombre considérable de bâtiments industriels, beaucoup de gens vivent au pied des usines. La police est intervenue et ne m’a pas autorisé à prendre des photos. Malgré cela , j’ai quelques images reflétant les conditions de vie des habitants. L’air y est difficilement respirable, certains chiens errent dans le village à la recherche de déchets.

 A Pékin, je prenais souvent le métro, j’ai passé beaucoup de temps à filmer les aller -retours des pékinois, les rythmes quotidiens, à l’intérieur et à l’extérieur des rames, l’aménagement linéaire des différentes stations où je choisissais de m’arrêter chaque jour ou parfois au hasard, je pouvais ainsi découvrir un nouveau quartier. Ce qui m’a tout de suite frappé, c’est l’énergie de la ville, de la foule et de la multitude de véhicules qui circulent, mais aussi des édifices démesurés et vertigineux parfois noyés dans la brume de pollution, les rendant fragiles et presque invisibles. Dès notre arrivée, une étrange lumière nous a presque donné l’impression d’être dans une autre planète. En découvrant cette immense mégapole chinoise, j’ai pensé au futur, à la vue du modernisme de ces innombrables constructions et écrans lumineux, et à quelque chose qui me dépasse. Comme si tout allait très vite. Certaines des images visibles ici et dans une autre rubrique, traduisent un regard pictural, qu’il s’agisse de l’importance de la couleur, de la lumière, d’une composition abstraite, ou d’une image peu reconnaissable comme celle d’un détail de rideau plastifié, ou d’un mur noir où sont écrits des noms à la craie blanche éclairés par une lampe. Mon intêret pour les ombres s’est révélé à Pékin. Celles projetées des arbres, des feuilles, ou des personnes sur le mur ou le sol.  D’autres photographies montrent des moments de vie, le travail des ouvriers dans un chantier, des enfants avec leurs jouets, des passants marchant dans les rues, jouant aux cartes sur un banc, ou se reposant. Le cadrage et le point de vue des scènes indiquent la construction des images, la lecture de l’espace lorsqu’il s’agit par exemple d’une passerelle urbaine, d’un quai, de câbles électriques, ou de toits éclairés la nuit, pour ainsi amener le regard du spectateur du haut vers le bas de l’image, ou du fond au premier plan comme dans l’image ci -dessous.

Manuel

 

 

Revenir de Pékin … Elsa G.

 

Le défi est maintenant là. Retrouver le périmètre des petits espaces, des petites surfaces, s’en accomoder, s’en contenter. S’habituer à ce nouvel agencement de ville et son accueillante agglomération qui semble presque tranquille à côté de Pékin l’immense, la monstrueuse. Lille, avec ces briques bienveillantes, ses rues pavées, ses grands boulevards où les voitures s’arrêtent pour faire passer les piétons …De retour, canalisant les événements vécus, je tente de cristalliser une vue moins parcellaire de ce séjour-résidence de six semaines à Pékin. Ce qui ressort invariablement de cette expérience : La difficiculté de comprendre, de se faire comprendre au sein de cet habitacle social dans lequel nous cherchions tous notre place … difficile, très difficile. Une véritable épreuve de communication en direct, sur toutes choses, de la plus simple à la plus délicate. 

Mais plus on ressent de la difficulté, plus le mystère croît. C’est paradoxal mais trés réel. Le constat quotidien de ne pas être compris, de ne pas comprendre (en premier lieu, la langue) finit par créer une sorte d’attirance. Cela s’explique aussi par le fait que la civilisation chinoise soit vraiment tournée sur elle-même et que la périphérie ne l’intéresse pas, elle adopte ainsi une position trés protectionniste qui lui convient et dont elle tente d’assurer toujours ses arrières. Mais plus elle adopte ce comportement, plus on cherche à savoir ce qu’elle veut nous dire, et cela crée du désir, un désir presque charnel. C’est peut-être pour cela que j’ai choisi de filmer la ville, dans sa physicalité, en me postant sur le toit des taxis, faisant ainsi danser la caméra au-dessus des périphériques … La triade : campus (notre lieu d’habitation) -ville (notre lieu d’observation)-musée (notre espace d’exposition) a finit par provoquer une certaine habitude de vie, un certain rythme, qui mettait de côté les découvertes spontanées ou surprenantes … Pour se sentir vraiment disponible, être du voyage, aurait-il fallu pouvoir prendre davantage le train … et oublier la ville, oublier Pékin, jouer à l’urbain amnésique  … Difficile donc de passer entre les mailles du filet. Les rencontres se sont produites mais toujours avec cette distance, cette pudeur caractérisé des chinois, qui n’expriment que rarement leur point de vue personnel, ou qui par un merveilleux sourire tout asiatique vous donne une répartie toujours aussi déconcertante, puisqu’ils ne répondent pas directement à la question. Dans le cadre de mes entretiens filmés, j’ai pu tout de même rencontrer des personnes de milieu plutôt modestes, qui s’appuient toujours sur une version collective dans leurs propos, mais finissent tout de même par les nuancer, pour donner un peu d’eux-mêmes. J’y ai trouvé une véritable humilité, une manière de recevoir la vie comme elle venait, avec beaucoup moins d’angoisse préméditée que les occidentaux …

Être au coeur de cette véritable machine de guerre artistique qu’est Pékin, avec ses ateliers d’artistes immenses, ces centres d’arts démeusurés, ces musées privés incroyables, est à la fois trés excitant mais à force de recevoir tout cela de plein fouet, on se sent avalé par cette puissance. Nous avons rencontré des artistes, qui s’emploient à le rester, à demeurer marchandisables le plus possible, pour ne pas perdre de vue leur position sociale parfois si enviable … 

De retour en France, pleine d’entrain, je pensais profiter de cette confrontation pour me lancer dans de nouvelles aventures artistiques, sans aucun complexe, avec cette même ferveur déterminée … mais la crise actuelle m’a vite désenchantée.

Comme toute chose qui parfois assomme, il faut tenir, trouver en soi lesréponses, et ne pas se contenter seulement de ce que l’on voit ou entend ; le challenge, lui, est énorme. L’atelier, le laboratoire est maintenant dans ma ête, et je souhaiterai qu’une chose, revenir en Chine, voir davantage d’horizons, de paysages nus, et pas seulement cette ville, Pékin, qui déploie intérieurement une énergie démentielle, puisque elle ne s’arrête jamais … On ressent assez vite de la fatigue, mais qui permet aussi de se mettre à distance, pour ne pas être noyé tout à fait.

Merci à ceux et celles qui n’ont permis d’accéder à ce “One World, one dream”.

Elsa Gaudefroy-Demombynes, 27 novembre 2008

Escape[s] – the project in English

Escape[s] 

 1st – 9th November 2008 

Bertrand Gadenne  

Elsa Gaudefroy-Demombynes 

Manuel Ruiz-Vida 

Present their first exposition in China at the Beijing Today Museum 

Invited artist : Ma Han 

 Building 1, N°32 Baiziwan Road – Chaoyang District, Beijing - 100022 http://www.todayartmuseum.com 

8610-58760600 6000  

Part of a crossroad project providing residencies in China for artists, initiated by the Centre d’arts plastiques et visuels de Lille & the City of Lille with the support of Région Nord – Pas-de-Calais, la DRAC Nord – Pas-de- Calais, CulturesFrance, Lille Métropole – Communauté Urbaine et and with the participation of the Fresnoy studio national des arts contemporains, Doublet, Voyageurs du Monde, Eagst Consulting & Radio Campus Lille 

Links between China and Lille were established in 2004 with the residency at the Centre d’Arts de la Ville de Lille of the artists Ma Han, Ling Fei and Yi Ling. These links were continued in 2005 with the creative residency in Beijing of Xavier Géneau, François Martinache and Olivier Dupont. In the autumn of 2008, Bertrand Gadenne, Elisa Gaudefroy-Demombynes and Manuel Ruiz-Vida will, in their turn, leave for Beijing in order to develop an individuel project at the Beijing Film Academy and, from October 1st to November 12th, will present “Escape[s]“ at the Beijing Today Art Museum in the Chaoyang district, a prestigious venue dedicated to contemporary art in the new business quarter of Beijing. The residency and exhibition are part of a long-term project for exchanges and for residencies by artists from the Nord – Pas-de-Calais region of France in China. Future French residencies will be in Shanghai in 2010 (and either Canton or Hong Kong is projected for 2012). The Chinese artists Zhu Jiong, Gonglin and Bai Yiluo will be welcomed to Lille in 2009. The work of the French artists in residence in Beijing in 2008 will be exhibited in Lille and Dunkerque in 2009 (with other possible sites under discussion). 

 The artists 

Berrand Gadenne – photography – video – installation 

“The Image Room“ 

My work is centred on a representation of the World based on natural elements, and I have always drawn my iconographic sources from natural spaces. Our relationship with nature, and with its representation and domestication, touches on the history and the philosophy of parks and gardens, notably those situated in urban contexts. Many artists, whether urbanists, architects or landscape gardeners, have been inspired over the centuries by Chinese gardens (an example being the gardens designed by Albert Kahn at Boulogne-Billancourt). In Beijing, my research territory will be places of vegetation, the parks, gardens and zoos which are also areas for walking and for thoughtful contemplation. My work as an archivist for photographic and video images will unfurl within the confines of these encyclopaedic environments ; the lake park of North Beihai, the Park of the Ritan Land, the Sky Park of Tian Tan, Dragon Park, Taoranting Park, the zoological park and Yuyantan Park  

Elsa Gaudefroy-Demombynes – cinema – vidéo - 

installation – performance 

“Out of love for those who are gone“ 

This interdisciplinary project, “work in progress“, is at the crosswoads of performance, theatre, film and music, encapsulating a dramatic conception. “Out of love for those who are gone“ is conceived as a form of exploration, between cinematographic writing and social experiment centred around the human condition confronted by its own disappearance : tragedy with personal or collective origins. 

This work revolves around two economies and two temporalities :  performance and documentation. The project will continue in Beijing by researching new testimonies on the same theme, in association with performance and by taking into consideration all the possibilities opened up by the wealth of new encounters.   

Manuel Ruiz-Vida – painting 

I am inspired by the traces, the stigmata, of time on buildings and objects. What interests me is the reality of painting which moves the object of representation to the background. The canvas is material, and that is the true reality, in contrast to the illusion of a simple representation. Manuel Ruiz-Vida developed his interest for naval dockyards, hangars, silos and all that is marked by the wear of time in Dunkerque and its commercial port. In Beijing, Manuel Ruiz- Vida, as a lover of industrial landscapes, will try to bear witness to the evolution of a city which has difficulty reconciling industrial development with a reduction in pollution levels. 

Ma Han – painting – installation 

This Chinese artist, who lives in Beijing, is the historic partner of the artistic exchanges between Lille and Peking. Invited to a residency in Lille in 2004, he has participated in an exhibition in Beijing in 2008 of works by French artists from the Nord – Pas- de-Calais region. 

 Many thanks to Paul Mayes for the english translation  

 

 


 

 

 

 

 

Chansons chinoises…

Pour se mettre dans le bain …

Chanson chinoise 1

Chanson chinoise 2

Chanson chinoise 3

Chanson chinoise 4

 

Merci à Wei Shan de nous faire partager les chansons qu’elle aime.